Une nouvelle réussite dans le cadre de la chaire d’excellence « Immuno-pathologie des maladies rénales »


Les travaux de recherche de la chaire d’excellence Immuno-pathologie des maladies rénales pilotée par le Pr Aldigier portent sur la maladie de Berger ou Néphropathie à dépôts d’immunoglobuline A (IgA) (nom scientifique). Ces travaux sont effectués  dans le Laboratoire « Contrôle de la Réponse Immune B et Lymphoproliférations de l’Université », dont l’expertise est reconnue dans le domaine de l’immunologie, l’immunopathologie et l’onco-hématologie, dirigé par le Pr Cogné.

La maladie de Berger est une maladie qui touche les reins. Il s’agit de la maladie rénale la plus fréquente en dehors de l’atteinte des reins secondaire au diabète et à l’hypertension artérielle. Il s’agit d’une maladie grave puisque 40 % des personnes atteintes, le plus souvent des sujets jeunes)  développent une insuffisance rénale dans un délai de 20 ans ce qui entraine un traitement substitutif par dialyse ou transplantation. La cause de cette maladie n’est pas élucidée et plusieurs hypothèses ont été faites par de nombreuses équipes de recherche dans le monde; par ailleurs aucun traitement spécifique n’est actuellement disponible.

En 2016, cette équipe a décrit un modèle animal reproduisant cette affection ; les souris générées dans le laboratoire développent des dépôts d’IgA sur le rein comme le font les patients atteints de la maladie de Berger. Depuis la parution de cet article d’autres travaux ont été menés pour comprendre pourquoi les  IgA  étaient chez certains capables de se déposer sur le rein.

Aujourd’hui, l’équipe publie dans JASN (Journal of the American Society of Nephrology) qui est la plus importante revue américaine de néphrologie  une étude  qui remet  en questions toutes les théories habituellement avancées pour expliquer la maladie et propose une hypothèse qui constitue une avancée très importante dans la compréhension de cette maladie. Par croisements de différentes lignées de souris dont une fournie par M Honjo prix Nobel de médecine 2018, il a été possible d’explorer la régulation de la synthèse d’IgA par les lymphocytes. Ces travaux montrent que la capacité des IgA à se déposer est liée à un défaut de leur maturation et donc de leur d’affinité pour les antigènes.

Une meilleure compréhension de cette maladie particulièrement fréquente (10 nouveaux patients par an et par million d’habitants) et responsable d’un grand nombre d’insuffisance rénale est nécessaire pour envisager la mise au point de traitements spécifiques.

Si vous souhaitez apporter votre soutien aux travaux développés, nous sommes à votre écoute.